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SUR J.ES ^ÇMÇES DE Ã.YON. 121
« aient, pu, réunir tout a equp, dans ces temps d'émancipation
« politique et intellectuelle , les ressources énormes qui
« leur permettaient de rebâtir leurs cathédrales » (1). Le
désir des évêques était puissamment secondé par le mou-
vement qui se faisait dans l'architecture : l'art s'était sécula-
risé, mettant de côté les traditions monacales. Alors, de
même qu'au XIe siècle, les églises des monastères avaient
servi de modèle aux autres édifices religieux, au XIII6, ce
furent les cathédrales qui imposèrent a leur tour leur plan,
leur système de construction et de décoration.
A Lyon, la puissance temporelle des archevêques, con-
quise après une lutte de près de 300 ans, était arrivée Ã
son apogée. Héraclius de Mantboissier avait été investi
en 1157, par l'empereur Frédéric Barberousse, du comté
de Lyon et du titre d'Exarque de Bourgogne. Mais bien des
difficultés restaient encore a surmonter: le comte de Forez
Guy II n'avait pu voir sans un vif mécontentement cette
consécration du pouvoir temporel de l'archevêque sur une
ville dont il se prétendait lui-même le légitime seigneur ; il
déclara donc la guerre a Héraclius et il ravagea la ville de
Lyon. Un premier accord intervint, mais la paix n'était pas
même encore bien assurée après le traité de 11 73, conclu
entre l'archevêque Guichard, deuxième successeur d'Héra-
clius et le comte, ce dernier continuait a conserver des
prétentions ; toutefois, Guichard reconnu possesseur de la
cité en 1173, s'empressa de jeter les fondements de sa
cathédrale, dont l'abside fut élevée pendant les dernières
années du XIIe siècle.
Cette abside, composée de travées voûtées a arcs d'ogive
se ressent encore de la tradition antique dont l'architecture
méridionale eut tant de peine à se départir : pour confre-
(1) T. 1, p- 22$.