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HISTOIRE DES BOURGUIGNONS. 57
paraissait le château du roi Gondebaud, bâti sur les bords de
la rivière, à la place qu'occupe maintenant la prison de
Roanne. En face était une rue habitée principalement par les
nobles de la cour de Bourgogne.
La paroisse de la cour était l'église de Saint-Etienne, bâtie
par saint Albin successeur de saint Just, à l'endroit où fut
depuis la cathédrale de Saint-Jean ; elle était alors la métro-
pole de Lyon ; auparavant ce privilège appartenait à l'église
des Apôtres. Deux églises, ou plutôt deux chapelles, s'étaient
élevées aux côtés de Saint-Etienne; l'une était Sainte-Croix,
qui regardait le palais de Gondebaud, l'autre Saint-Jean,
tournée vers la porte de Sainte-Eulalie (Saint Georges). La
chapelle Saint-Jean fut rebâtie plusieurs fois, et, par la suite
des temps, elle devint si grande et si belle, qu'elle usurpa le
litre de métropole sur Saint-Etienne, qui l'avait vue grandir
auprès d'elle.
A quelque distance de Sainte-Croix, se trouvait, vers la
droite, l'église révérée de Saint-Romain ou de Saint-Pierre-
le-Vieux ; elle fut bâtie par Frialdus et sa femme pour accom-
plir un vœu. C'était alors la cure de Lyon. Personne n'y était
enseveli par respect pour le sang des martyrs qui, dit-on,
y coula. Une rue longue et tortueuse commençait à Saint-
Etienne et allait jusqu'Ã la chapelle de Sainte-Eulalie, qui
marquait l'extrémité de la ville sur les bords de la Saône, Ã
l'endroit de son confluent avec le Rhône, et en face du monas-
tère d'Ainay.
Mais la plus belle église de Lyon était, sans contredit,
l'église des Macchabées, située sur la colline. Deux clochers
s'élevaient sur un grand et beau portail. L'intérieur de l'église
contenait vingt-quatre chapelles, la plupart bâties avec le
marbre des monuments romains.
A une portée d'arc de l'église des Macchabées se trouvait
la porte Saint-Just. C'est là que commençait la grande voie