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DISCOURS DE M. BOBIUL1ER. »23 reste. Avions-nous quelque velléité de venir au secours de la logique ou de l'histoire, de l'anglais ou de l-allemanâ ? il fallait sacrifier le latin. Aussi, combien de fois, non sans quelque regret, avons-nous vu s'échapper sains et saufs, des candidats qui avaient fait preuve d'une grande ignorance sur la moitié ou même les trois quarts du programme des let- tres. Aujourd'hui quatre suffrages, au lieu d'un seul, viennent de nous être libéralement accordés et les lettres vont peser- d'un poids double dans la balance. Mais les candidats au baccalauréat ès-sciences, auront-ils encore un compte a régler avec la Faculté des lettres ? J'en doute quand je considère combien sont grands les avantages qui leur sont offerts pour les inviter a n'arriver au baccalau- réat ès-sciences que par l'ancienne et bonne route du bacca- lauréat ès-lettres. Quel bachelier ès-lettres ne sera pas lente parle grade de bachelier ès-sciences, se voyant exempté des langues vivantes, et assuré a l'avance de quatre boules blan- ches, c'est-a-dire de près de la moitié des suffrages? D'un autre côté, comment l'aspirant aux sciences ne comprendrait-il pas que se faire recevoir bachelier ès-lettres, c'est pour ainsi dire, passer en deux fois un examen qui se divise si naturellement en deux grandes parties? Cette union des deux baccalau- réats, rendue de plus en plus facile, voilà ce qu'il faut re- commander aux jeunes gens et aux familles comme la meil- leure solution possible de toutes les questions qui divisent les esprits sur la part a faire aux sciences et aux lettres dans l'enseignement public. t Nous n'aimions pas le tirage au sort entre la composition latine et la composition française, cette singulière loterie détruisait l'égalité des conditions et des difficultés, et trop souvent faisait dépendre du hasard l'échec ou la réussite. Combien, d'ailleurs, se berçant de l'espérance d'une chance favorable, négligeaient de s'exercer sérieusement a écrire en