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GÉOGRAPHIE DE CHARLIEU. 399
chérie une apparence de vérité, de remplacer la souscrip-
tion de la charte de Sobon par la souscription et la date
d'une charte de Boson.
Une telle assertion aurait besoin de preuves, et on n'en
donne pas. Quel intérêt avait donc Paradin h la supercherie
qu'on lui attribue? On insinue que c'était celui de passer
pour plus savant que les autres, en montrant qu'il fallait lire
Boson là où il y avait Sobon. Mais il eût fait preuve au con-
traire d'ignorance et de sottise, en rapportant à l'année 879
une charte, sans date il est vrai, mais où se trouvent deux
noms, ceux d'Aymard, abbé de Cluny et de Maymbold, évo-
que de Mâcon, qui en fixent irrévocablement l'époque vers
le milieu du Xe siècle, et cinquante ans au moins après la
mort de Boson. Il n'eût sans doute pas fait cette bévue qu'on
lui prête.
Cet historien n'est pas le seul, d'ailleurs, qui ait accusé
Boson de s'emparer du bien des monastères. J'ai déjà cité
M. de Gingins-la-Sarra, dont l'autorité est d'un grand poids,
surtout en cette matière, et qui dit positivement qu'il s'em-
para de l'abbaye de Charlieu (Bosonides, p. 63 et 64) ;
D'après le même écrivain, « il fut gratifié par Charles-le-
Chauve, de plusieurs, abbayes, suivant l'abus de ce temps où
les laïques jouissaient, à titre de bénéfices royaux, de la
meilleure partie des revenus des grands monastères. » [Bo-
sonides, p. 41 et 42).
« Diverses chartes de Charles-Ie-Chauve et de Louis-le-
Bègue, dit encore le même historien, datas ad deprecatio-
nem Bosonis, ducis et comitis, indiquent que ce dernier jouis-
sait, à titre de bénéficier [in locarium), de plusieurs terres
dépendant des monastères de Saint-Philibert de Tournus,
de Charlieu, de Ponlhieu, de Saint-Germain d'Auxerre et,
de Saint-Bénigne de Dijon, situées dans le voisinage de la
Saône (id. id., p. 64, note 228).