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ET LES ACADÉMIES DE PROVINCE. M\ Faute d'une meilleure organisation scientifique, combien rares sont les observations, et combien de faits importants chaque jour perdus par la science ? Désormais rien ne serait perdu ; les observations seraient multipliées à l'infini et elles pourraient être simultanées, comme il importe en certaines circonstances. Le signal une fois donné par l'Académie des sciences et transmis par chaque société à ses correspon- dants, partout des observateurs seraient à leur poste, les yeux fixés sur les mêmes phénomènes. Pour ne donner qu'un exemple, sans cette direction commune et cette simul- tanéité d'efforts, comment apprécier la marche des variations ozonométriques et, en général, l'influence des modifications atmosphériques, sur les situations hygiéniques ou atmos- phériques anormales? Est-ce assez de quelques stations météorologiques et ne faut-il pas les multiplier autant que possible, pour arriver à apprécier la continuité des phéno- mènes? De là , la nécessité de centres secondaires d'où rayonnent, dans une certaine zone, les observations, et où d'abord elles reviennent aboutir, pour y passer par un premier degré de contrôle et de généralisation, avant d'être transmises a l'Institut appelé à leur imprimer le dernier sceau de la généralité et a en faire des genres ou des lois. Ainsi, grâce a ce concert, partout la science aurait a ses or- dres de vigilantes sentinelles promptes a lui signaler tout fait intéressant de la terre, de l'air ou du ciel, depuis l'étoile filante jusqu'au fossile; ainsi, étendrait-elle sur toute la sur- face de la France un filet a mailles serrées ne laissant échap- per aucun phénomène. Nous voudrions que cefiletcouvrît non seulement la France, mais le monde entier et que dans tous les pays civilisés il y eût aussi une Académie centrale reliant à elle toutes les acadé- mies locales ; nous voudrions enfin qu'a leur tour ces acadé- mies centrales formassent entre elles une liaison qui serait