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                ET LES ACADÉMIES DE PROVINCE.                373

    Elles ont aussi joué un rôle important, et qui jusqu'à présent
n'a pas été assez remarqué dans le grand mouvement des
idées du XVIIIe siècle. Les membres de l'Académie française
 et de l'Académie des sciences, les plus grands écrivains, les
 savants les plus illustres du XVIIIe siècle ne dédaignent pas
 de leur demander un titre d'associé , de venir siéger dans
 leur sein, comme Voltaire à Lyon, ou de prendre part a leurs
travaux, comme Montesquieu à Bordeaux.
    Quelques compagnies de la province eurent même autre-
fois l'honneur d'une affiliation particulière, soit avec l'Aca-
démie française, soit avec l'Académie des sciences. En 1692,
l'Académie française accueille avec les plus grands honneurs
les députés de l'Académie de Nîmes qu'elle la reçoit en son
alliance, suivant les expressions du procès-verbal, alliance
qui fut, sans doute, conclue sous les auspices de Fléchier.
En 1715, l'Académie de Bordeaux, présidée par Montes-
quieu, obtint la même faveur de l'Académie des sciences, a '
la condition de la redevance annuelle d'une dissertation.
L'Académie de Marseille qui avait pour protecteur le maré-
chal de Villars, membre de l'Académie française et gouver-
neur de la Provence , fut admise , comme celle de Nîmes,
dans l'alliance de l'Académie française où ses députations,
furent reçues le 12 novembre, dans une séance présidée par
Fontenelle.
    Ce n'est donc pas une chose nouvelle et sans antécédents
que nous proposons aujourd'hui humblement a l'Institut de
France. Il ne s'agit en effet que d'étendre, de régulariser ces
adoptions, d'en faire, au lieu d'un vain honneur, un grand
et puissant moyen d'investigation et de progrès pour l'his-
toire el pour la science. Les académies de la province se-
raient-elles donc moins dignes aujourd'hui qu'autrefois d'une
si glorieuse association ?
    Jamais au contraire, a aucune époque, on en peut juger