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344 BIBLIOGRAPHIE.
ganisa; il refusa le secours d'un régiment qui était en marche,
et il rétablit par la force l'ordre et la perception de l'impôt. Un
comité pris dans la réunion des trois ordres s'adjoignit au con-
sulat.
Louis XVI avait reconnu l'unité de l'Assemblée nationale et
déclaré au duc de Luxembourg, président de la noblesse , qu'il
ne souffrirait pas qu'un seul homme pérît pour sa querelle. Il
n'avait pas voulu défendre sa couronne, comme une sentinelle
défend sa consigne. Mais il congédie Necker qui ne l'avait pas
assisté à sa séance royale, et il donne au maréchal de Broglie le
ministère de la guerre avec un commandement de troupes.
C'était, dit M. Morin , une conspiration de l'aristocratie; et le
peuple de Lyon , à qui la municipalité était suspecte d'un com-
plot liberticide, veut s'emparer du château de Pierre-Scize et se
déclarer en insurrection. Alors, dit toujours M. Morin , M. Im-
bert-Colomès, impuissant pour résister au mouvement, s'en fit
le chef pour le contenir dans la voie d'une protestation légale.
Il fit adopter cette protestation sous sa présidence, par une as-
semblée générale du consulat et des électeurs des trois ordres.
La ville y déclare : qu'elle est consternée de l'exil de M. Necker,
qu'elle rend responsable l'autorité civile et militaire de toute
entreprise contre les droits de la nation, et les décrets de l'As-
semblée nationale ; qu'elle sacrifiera sa vie et ses biens pour as-
surer le sceptre dans la branche régnante de la maison de Bour-
bon et pour extirper l'aristocratie ministérielle; qu'elle veut
que la dette publique soit acquittée , mais qu'aucun impôt ne
sera perçu le jour où l'Assemblée aurait été dissoute par la force.
Enfin la ville prend sous sa sauve-garde la personne inviolable de
tous les députés.
Rédigée le 16 , adoptée le 17, cette protestation fut applaudie
le 21 par l'Assemblée nationale. « Elle était victorieuse, dit
« M. Morin , le peuple de Paris avait conquis la Bastille le 14.
« Mais le peuple de Lyon avait précédé le signal de la victoire ;
« il avait été prêt à conquérir Pierre-Scize. »
Sans contredit, il ne fallait ni blocus, ni assaut pour prendre
Pierre-Scize comme la Bastille.