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 312                  LE PÈHE DE LA CHA1ZE.
 causa au Pape la nouvelle de la Révocation ; l'autre est un bref
 d'Innocent XI au roi de France, pour le féliciter d'avoir révoqué
 l'édit de son aïeul. Les originaux de ces précieux documents se
 trouvent aux archives du ministère des Affaires étrangères, et
 c'est à M. le duc de Noailles que l'on doit de les avoir mis au jour
 pour la première fois, dans sa belle histoire de Mme de Maintenon.
 Il ne paraît pas que Louis XIV ait jamais cru devoir en faire
 usage pour couvrir en quelque sorte sa responsabilité morale aux
 yeux de ses contemporains, puisque l'existence de ces documents
 ne fut connue d'aucun historien du XVIIe et du XVIII e siècle.
 Ces deux pièces ont d'autant plus de poids, qu'au moment même
 où elles furent écrites, le Pape était dans des termes fort hostiles
 avec Louis XIV, à propos de l'affaire de la régale, et des quatre
 articles de l'assemblée de 1682. Quoi qu'il en soit, elles nous
 semblent détruire suffisamment l'erreur de Saint-Simon et celle
 de ceux qui ont cru devoir renchérir encore sur cette bévue. Nous
 aimons à croire que M. de Carné ne s'est point souvenu de ces
 deux pièces lorsqu'il nous a montré le Pape Innocent XI tournant
 en dérision le Roi de France, au moment où il s'occupait de la
 conversion de ses sujets. M. de Carné aurait compris que le rôle
 du Saint Père, en cette circonstance, eût été aussi indigne de la
 tiare, qu'il est contraire, disons-le bien haut, à la vérité histo-
 rique. Innocent XI, s'il se fût livré, à propos d'une question si
 grave, à sa verve ironique, n'eût probablement pas écrit le bref
 que l'on va lire. Sa droiture, sa franchise, son honnêteté bien
 connues en sont les plus sûrs garants.

   Voici, au surplus, un fragment de la Dépêche du duc d'Estrèes :

  «        A peine avais-je achevé (de faire connaître au pape l'acte
  de la révocation), que Sa Sainteté reprit une partie des choses
  que je venais de dire, ne se pouvant rien au inonde ajouter à la
. joie qu'elle en témoigna, ni aux louanges infinies qu'elle en donna
  à Votre Majesté, et ce chapitre dura pour le moins une bonne
  heure, et Elle ne pouvait se rassasier de parler sur l'un et sur
  l'autre point, qu'il n'y avait rien de plus grand, de plus pieux ni
  de plus obligeant pour les sujets de Votre Majesté, à qui elle avait