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42                   LA CATHÉDRALE DE LYON.

   Obligé de nous renfermer dans un cadre assez restreint pour
une étude qui eût demandé plus de développements, nous ne
nous sommes arrêté qu'aux détails d'une partie de notre re-
marquable édifice, sans pouvoir entrer dans aucune apprécia-
tion de sa valeur artistique ; nous n'avons pu nous occuper de
la grande nef si belle de majestueuse simplicité, œuvre magis-
trale toute empreinte de cette énergie de caractère qu'elle tient
de l'art roman où elle prend son origine.
   Ce que nous pouvons constater néanmoins, c'est que notre
église primatiale qui, en dehors du cercle restreint de quelques
architectes d'élite, reste pour ainsi dire ignorée , méconnue
parmi nous, n'a pas échappé à l'attention d'un de nos monu-
mentalistes les plus distingués de la capitale (1), et c'est préci-
sément sous le rapport de sa belle et savante structure que
l'éminent artiste apprécie tout particulièrement l'antique édifice
lyonnais.
   Qu'il y ait des personnes qui considèrent comme de mauvais
goût et regrettables au point de vue artistique, les disparates
que l'on remarque dans la plupart des églises du moyen-âge
et dans la nôtre en particulier, c'est ce dont nous sommes loin
de nous étonner ; mais ce que nous ne comprenons pas , c'est
que de prime-abord et sans examen préalable, on ne veuille
y reconnaître , le plus souvent, qu'une preuve de l'ignorance
ou de l'inhabileté des constructeurs.
   Sans doute, les architectes alors n'étaient pas infaillibles, et
nous sommes loin de prétendre qu'ils n'aient jamais commis
d'erreurs ; cependant faut-il au moins établir une distinction
entre une simple bévue échappée à l'attention de l'artiste, un
vice de construction quelconque, et certaines dispositions dans
le plan d'ensemble commandées par telles ou telles circonstan-
ces, et qui, toutes défectueuses qu'elles paraissent, ne prouvent
rien contre l'habileté et les connaissances pratiques de ceux
qui les ont mises à exécution.
   Longtemps nous avons partagé, sur la différence du niveau

  (1) M. Viollcl-Leduc.