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LYON APRÈS LE IX THERMIDOR. 29
vingt-six citoyens; renouvellement de toutes les adminis-
trations civiles de Commune-affranchie qui étaient en exer-
cice le 9 thermidor.
Les représentants composèrent ensuite le personnel du Dé-
partement , des Districts, de la Municipalité et des Tribunaux.
Bertrand , dépouillé de ses fonctions de maire, fut remplacé
par Salamon , ancien maire de Montélimart, homme étranger
a la ville du côlé des relations et de la fortune, mais recom-
mandé par les thermidoriens influents. Au reste , Salamon,
occupé par diverses missions qu'il reçut du gouvernement,
ne vint prendre possession de sa place que plusieurs mois
après sa nomination. Son administration , de courte durée ,
fut signalée par les excès dont nous aurons à parler, et dont
il fut au moins le spectateur impuissant ; jusqu'à son arrivée,
la Municipalité fut présidée par le membre Carret. Il faut dire,
au reste, que cette seconde épuration des autorités révolu-
tionnaires y laissa encore subsister une minorité de ces
hommes qu'on appelait les Patriotes, mais c'étaient de ceux
qui s'étaient maintenus dans la faveur de Fouché et des Ja-
cobins de Paris. On voyait toujours , entre autres , a la tète
de la gendarmerie le commandant Grandmaison, cet ex-pré-
sident de la Commission militaire qu'il avait dénoncée comme
inclinant trop à la clémence et qui devint ensuite l'ordon-
nateur des mitraillades.
De la destitution des Patriotes à leur persécution, la tran-
sition était facile. Il fallait pour cela un mot d'ordre ; on
adopta celui de brigandage. Le 7 fructidor , un pétitionnaire
était venu 'a la barre de la Convention nationale demander
justice au nom de trente-neuf citoyens de Commune-affran-
chie qui, après avoir été acquittés par la Commission révo-
lutionnaire, avaient été retenus en prison et traduits au tri-
bunal révolutionnaires de Paris. Fouché eut l'audace de
prendre la parole et, en appuyant la pétition, de verser des