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                 LYON APRÈS LE IX THERMIDOR.                 21

 phraséologie révolutionnaire en usage, concouraient à ces
 adresses qui faisaient dire a la Convention que Commune-
affranchie était régénérée et offraient à la patrie des vaisseaux
 de guerre et des cavaliers jacobins. En réalité, liés aux
 Patriotes par la peur commune qu'ils avaient eue de Fouché,
ils contribuaient a les maintenir sous ce drapeau de clé-
mence que les proconsuls avaient reproché si durement aux
Patriotes d'avoir adopté. Commune-affranchie paya bien
des tribuls au fameux tribunal révolutionnaire de Paris et à
la commission d'Orange, mais ce ne fut que comme une
réaction contre l'ancienne Commission temporaire. Plusieurs
des accusés qu'elle avait fait acquitter par le tribunal des
sept furent arrêtés de nouveau et traduits a Paris où ils se
trouvaient encore le 9 thermidor.
    C'est dans cet état que la ville fut surprise par le bruit
inopiné de la lutte qui s'était engagée à Paris et de son
issue. Rien n'y avait préparé les esprits. Robespierre , le
Dieu de la veille, devenu par sa défaite un tyran tombé et
maudit, avait, comme nous l'avons vu , un grand crédit
dans cette Commune-affranchie qu'il avait arrachée aux
égorgeurs et aux démolisseurs ; il était le centre vers lequel
toutes les espérances s'étaient tournées. Comment donc y
serait reçue la nouvelle de sa chute ? Mais il y avait bien des
causes aussi pour que Commune-affranchie ne protestât pas
contre le fait accompli. Les partis divers qui y avaient coo-
péré , hébertistes, dantonistes, modérés, étrange coalition
liée par le besoin d'un jour, avaient chacun leurs représen-
tants a Lyon. Parmi les hommes qui s'appelaient les Pa-
triotes, une partie se rattachait par les souvenirs du patro-
nage à l'ancienne Commission temporaire et à Fouché ; elle
se ralliait maintenant a Reverchon. L'autre catégorie des
Patriotes, ceux qui passaient pour Robespierriens, furent
eux-mêmes troublés et partagés. Jusqu'alors ils n'avaient