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Î8               LYON APRÈS LE IX THERMIDOR.

et de sa population que quelques milliers de misérables.
Alors le joug sanglant de cette oppression étrangère triomphe
des querelles de partis et des haines locales ; il n'y a plus
qu'une voix pour réclamer et implorer la justice ou le pardon
de la Convention. Les Patriotes de Lyon rencontrent a la fin
un puissant patronage. Au moment du rappel de Collot-
d'Herbois et de Fouché, l'échafaud politique tombe, et Lyon
ne doit pas oublier que le jour où il lui a été permis de vivre
et d'espérer est l'apogée des espérances et de la fortune de
Robespierre.
    Cependant ces quelques mois qui s'écoulèrent de la chute
d'Hébert et de Danton jusqu'au 9 thermidor, époque de libé-
ration pour la cité lyonnaise, furent celle où le tribunal ré-
volutionnaire de Paris fit ces nombreux holocaustes qui rap-
pellaient si bien les fournées de Fille-affranchie. Robespierre,
s'il faut en croire les historiens qui ont entrepris sa réhabili-
tation, avait fait porter l'atroce loi de prairial, non pour l'usage
qu'elle a reçu, mais au contraire pour immoler avec cet ins-
trument les hommes qui souillaient la Révolution par leur
cruauté ou qui la corrompaient par leurs désordres. Nous
ne croyons paspouvoir aller jusqu'à cette apologie. Toutefois,
il nous semble que la conduite du dictateur en espérance vis-
a-vis des terroristes de Lyon peut jeter quelques lumières
sur ses proj£ts vis à vis des terroristes de Paris. Or, Ro-
besbierre , pendant'quatre mois , s'était contenté de garder
une réserve silencieuse sur les excès commis par l'héber-
tisme à Lyon. Il ne les avait pas approuvés, mais il ne les
avait pas non plus condamnés, si ce n'est par la différence
tranchée qui avait été remarquée entre le proconsulat de
Couthon, son ami, et celui;de Collot-d'Herbois et Fouché.
Au 20 décembre, les supplications éloquentes portées par
Commune-affranchie a la Convention nationale n'avaient
trouvé dans Robespierre aucun appui ; Collot avait présenté