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232                 BIOGRAPHIE D'HUMBERT      ïl.

 ce qui lui suscita des querelles avec l'évêque qui avait une
 partie de la juridiction sur la ville.
    En 1337 , il convoqua tous les Juifs et les obligea de payer
 annuellement chacun un subside de trente-deux florins, outre
 leur imposition de vingt florins pour l'exercice de leur commerce
 et la continuation de leurs privilèges. A peu près dans le même
temps , le Chapitre de Vienne eut de graves démêlés avec
l'archevêque, messire de la Chapelle, au sujet de leur juridiction
réciproque. Les chanoines et les Viennois profitèrent de ce que
le Dauphin avait à se plaindre de l'archevêque pour faire cause
commune avec le duc. D'ailleurs tous voyaient de mauvais œil
les terres du roi Philippe toucher à celles de Vienne. Humbert,
connaissant la disposition des esprits, conçut le dessein d'établir
entièrement son autorité dans Vienne , sous prétexte de se
rendre médiateur entre les deux partis. Il avait déjà acheté,
depuis quelque temps, les prétentions de Guillaume sur la ville
de Vienne. Ce comte prétendait à la seigneurie de ce comté, du
 chef de son aïeul, Charles Constantin , fils de Louis l'Aveugle.
Humbert députa à Vienne Agout des Baux, le commandeur de
Saint-Paul, et Nicolas Constant pour offrir sa médiation. Néan-
moins il convoqua ses milices du Dauphiné et, prenant les devants
avec une petite troupe, il entra dans la ville. Mais le parti de
Bertran de la Chapelle était hardi et nombreux, les gens du
Dauphin furent insultés , quelques-uns furent emprisonnés , on
lança même des pierres contre son. escorte ; aussi se hàta-t-il
de se renfermer dans la forteresse du Pipet qui appartenait aux
chanoines. La sédition fut si violente, que l'ancien palais des
rois de Vienne et le cloître des chanoines furent forcés, et les
portes jetées dans le Rhône. Mais lorsque les milices d'Humbert
furent arrivées, il leur ordonna de lancer de grosses pierres sur la
ville. Elle fut contrainte à se rendre, et l'armée du duc y entra
comme dans une place prise d'assaut, en saccageant tout. Isambert
conduisit ses troupes devant la maison de l'archevêque, que quel-
ques hommes défendaient. Elle fut prise, livrée au pillage et aban-
donnée aux flammes. Bertran de la Chapelle s'enfuit déguisé, et
courut jusqu'à Avignon demander au pape justice de cet attentat.