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SONNETS HWMOUR1STIQUES. 187
L'autre, c'est un baptême. —Au bras qui le défend
Un nourrisson bégaie une note indécise ;
Sa mère, lui tendant le doux sein qu'il épuise,
L'embrasse tout entier d'un regard triomphant !
On baptise, on absout, et le temple se vide.
Les deux femmes, alors, se croisant sous l'abside,
Echangent un coup d'œil aussitôt détourné,
Et,—merveilleux retour qu'inspire la prière,
La jeune mère pleure en regardant la bière,
La femme qui pleurait sourit au nouveau-né !
IDYLLE.
Là -bas, sur l'églantier, aux premiers feux du jour,
Un bouton souriait dans sa métamorphose ;
Une enfant, comme lui fleurette à peine éclose,
Dès l'aube l'admirait et lui faisait la cour.
De sa bouche à son sein le portant tour à tour,
L'enfant, le front penché sur le bouton de rose,
Prenait pour le charmer sa plus coquette pose,
Et lui disait tout bas des mots brûlants d'amour.
Puis sa lèvre mignonne, autre odorant calice,
Lutinant pour l'ouvrir la fleur qu'elle déplisse,
Au cœur du frais bouton cherchait à pénétrer.
Jeux cruels et charmants ! Cette lèvre mutine
Qui, pour aller au fond, déchirait l'églantine,
Me fait je ne sais quoi rêver et désirer.