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142 LE PÈItE DE LA CHAIZE.
De 1731 , jusqu'à la fin du règne de Louis XV, ces scandales
ne cessèrent d'affliger l'Église de France. Pendant plus de qua-
rante ans furent rendus des arrêts qui, pour refus de sacrements,
condamnaient des prêtres catholiques à l'amende, à la saisie du
temporel, à la prison, au bannissement perpétuel. Plusieurs
prélats aussi recommandables par leur piété que par leur vertu,
furent exilés, leurs mandements brûlés par la main de l'exécu-
teur des hautes-œuvres, leurs meubles vendus sur la place pu-
blique. L'héroïque archevêque de Marseille, lui-même, M. de
Belsunce, ne put trouver grâce devant ces légistes en délire. Il
avait oser protester contre une, calomnie de la Gazette Janséniste.
Sa lettre fut supprimée.
Le Parlement était devenu pour la secte un concile œcumé-
nique en permanence. Dans une gravure, les sectaires représen-
taient les magistrats « surmontés de langues de feu, (comme les
apôtres dans le Cénacle) tandis que l'archevêque de Paris était
entouré de diables. »
Louis XV, malgré son extrême indolence, avait compris qu'il
fallait défendre les prérogatives de la couronne et celles du
Saint-Siège. Le 19 avril 1752, il déclarait dans un arrêt sous
forme de règlement, que la constitution Unigenitus était, à la
fois, loi de l'Eglise et de l'Etat, et qu'elle était un jugement de
l'Eglise en matière de foi. » La même année, les prélats ayant
adressé au roi « des représentations sur les empiétements de la
magistrature en matière spirituelle, » Louis XV, par Lettres
patentes , enjoignit au Parlement de surseoir à toute procédure
relative aux sacrements. La cour judiciaire refuse d'enregistrer
ces Lettres et adresse des remontrances au Roi. Louis XV la
contraint à l'enregistrement et, comme malgré ses ordres réitérés,
elle s'occupe opiniâtrement de ces questions, le 9 mai 1783, les
conseillers de la chambre des enquêtes et de la chambre des
requêtes sont exilés sur divers points du royaume. Seule, la
Grand'chambre avait été épargnée, mais comme elle s'obstinait
à persécuter les prêtres, Louis XV finit par l'exiler à Pontoise.
L'administration de la justice était depuis longtemps en souf-
france. Il fallait y pourvoir. Le roi créa des chambres particu-