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124                    LE PÈRE DE LA CHAIZE.
    Ainsi, en niant que la raison puisse découvrir aucun principe
 immuable et fonder quoi que ce soit sur une base certaine,
Pascal anéantit du même coup : — La souveraineté des Princes,
qu'elle résulte d'un droit héréditaire consacré par les siècles, ou
de la délégation populaire ; — la propriété, bien qu'elle ait sa
cause manifestement légitime dans le travail, dans l'hérédité et
sa raison d'être essentielle dans toute société civilisée"; —le droit
de succession, bien qu'il soit la base fondamentale de la conserva-
tion des familles , qu'il ait ses racines les plus profondes dans le
cœur humain, et qu'il soit une condition essentielle de la civilisa-
tion. — Pascal égaré par l'hérésie, sape tour à tour le droit civil
et le droit international, le mariage qu'il déclare « homicide (1), »
et les lois mêmes de la famille (2) ; enfin entraîné par la fatale
logique du système , il déclare qu'il est impossible de prouver
Dieu; que nous sommes incapables de connaître ni ce qu'il est, ni
s'il est (3),» a et que la religion, (sans une manifestation de la
grâce) n'est pas certaine (4). »

   « Pascal rejette le pouvoir de la raison comme celui de la volonté, il
ne connaît qu'une seule source de vérité, de vertu , de mérite pour
le genre humain et pour l'individu, la grâce à la fois gratuite et irrésis-
tible (5). » « Il nie la propriété et toutes les lois fondamentales de la
société, il en détourne la vue, comme pour se persuader à lui-même qu'il
n'a d'autre devoir à accomplir que de vivre dans la solitude etc. »

   Pour se donner tout à la religion, il brise les liens les plus
solides qui le l'attachent à ses semblables ; il s'affranchit, pour
s'abandonner sans partage à ses élans vers Dieu , à ses aspira-
tions vers le ciel, de toutes les conventions sociales, il en con-
teste, il en nie la justice, il les méprise comme des hochets de
notre orgueil qui détournent notre vue de la contemplation des
vérités éternelles. Le système de Pascal ne saurait s'accommoder
de l'état social, — il le réduit en poussière : pour lui « le inonde
doit être une Thèbaïde (tî). »

  (1) Jacqueline Pascal, par M. Cousin, p. 338.
  (2) Pensées, édition Ilavet, VI. 7. 50. 111. 13.
  (3)          Ibid. X. p. 145.
  (4)          lbid. XXIV. 88.
  (5) Jacqueline. Pascal, par M. Victor Cousin, p. 338.
  (fi) Expression de M. Cousin