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LETTRE8 SUR L'EGYPTE, par Madame OLTIUMARE-MOUCHON,
Une dame de notre ville, madame Oltramarc-Mouclion , a publié dans le
Journal de Genève , et fait ensuite tirer à part, une série de lettres sur
l'Egypte, retraçant spirituellement et sans prétention les impressions d'un
voyage dans la vallée du Nil. Accompagnée de son mari, dont les services Ã
la cour du prince régnant ont su conquérir une puissante amitié , nos
voyageurs se sont vus entourés d'une protection souveraine , qui leur a
permis d'observer ce que beaucoup de touristes ne peuvent voir qu'im-
parfaitement.
L'auteur commence par la description d'Alexandrie, « entièrement déchue
d« son ancienne splendeur, » mais qui est devenue une ville moderne
«rassez présentable. » Au milieu des réflexions inspirées par les objets et les
usages qui le frappent, je citerai celle-ci relative à la femme égyptienne :
« Dégradée sans doute par la vie abjecte et matérielle, qui forme son
seul lot, elle est dépourvue de cet attrait puissant qui, parmi les nations
civilisées, lui a valu , à si juste titre, la dénomination flatteuse de beau
sexe. Quelle que soit la puissance d'imagination qui guide le voyageur en
Orient, tout prestige est détruit devant ces masses informes. » Je me per-
mets ici de rappeler la parabole de celui qui voit une paille dans l'œil
de son voisin, quand il a lui-même une poutre dans le sien. Je voudrais
bien savoir ce que penserait une femme égyptienne, débarquée en Europe,
en apercevant notre beau sexe attelé à l'immense appareil d'acier compo-
sant sa toilette, et lui donnant la tournure d'une cloche ambulante ? Je crois,
en vérité, qu'elle renverrait victorieusement aux belles dames européennes
l'épithètc d'informe.
Si Alexandrie est une ville modernisée, et par conséquent sans caractère,
« le Caire est bien la ville orientale par excellence. » L'hôtel où descendent
nos voyageurs « est situé sur l'Esbekieh , belle et immense place, dont le