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                   ET DU PRINCIPE VITAL.                   1!)

tains actes et non pas à tous, a ceux qu'il nous importait
de connaître et de diriger, et non à ceux que , pour notre
salut, il importait au contraire de soustraire a tous les éga-
rements , à toutes les distractions de notre volonté. Donc
quoique la conscience pénètre jusqu'à notre essence même,
ce n'est pas à dire qu'elle illumine de sa lumière tout ce qui
émane de cette source constante et inépuisable d'actes
innombrables.
   Ainsi l'âme est le sujet du moi, mais n'est pas identique
avec le moi ; le moi suppose l'âme, mais l'âme ne suppose
pas nécessairement le moi, elle est quand il n'est pas en-
 core, elle est encore quand il n'est plus.
   Nous croyons donc avoir montré que, même en suppo-
sant une ignorance absolue de l'âme à l'égard des phéno-
mènes de la vie et une ligne infranchissable de démarcation
 entre les modes conscients de la pensée et les modes in-
 conscients de la vie, l'avantage demeure tout entier du côté
des présomptions en faveur de l'unité de la cause humaine.
   Mais a cette première démonstration nous croyons pou-
voir en ajouter une seconde, tirée de l'observation psycho-
logique. Faisant appel a un examen plus approfondi de ce
 qui se passe au dedans de nous, nous attaquerons de deux
 manières la supposition de cette ignorance absolue, indi-
 rectement par les perceptions insensibles , pour parler la
langue de Leibniz, et directement par le témoignage de la
 conscience, où nous ne croyons pas qu'il soit impossible de
 découvrir quelques traces de la production des phénomènes
 de la vie.
    Quelle étrange témérité d'affirmer qu'il n'y a rien dans
 notre âme que ce dont nous avons clairement la conscience,
 quand il ne nous est pas permis de douter qu'à chaque ins-
 tant s'écoulent au dedans de nous une foule de phénomènes
 qui ne laissent après eux aucun vestige !