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                    ET DU PRINCIPE VITAL.                     \)\

   Mais n'avons-nous pas tort d'invoquer ici en notre faveur
le témoignage et la conscience du genre humain tout entier ?
Ne semble-t-il pas, au contraire , qu'une voix universelle
s'élève contre cette unité qu'il nous plaît d'attribuer à
l'homme? Avec quelle force, quelle éloquence, les moralistes
anciens et modernes , les poètes , les théologiens n'ont-ils
pas parlé de la dualité de l'homme, de l'homo duplex , des
deux hommes qui se combattent en nous ? Oui, en effet,
l'homme est double, mais il faut bien prendre garde en quel
sens. Il est double en un sens moral et non en un sens mé-
taphysique ; il est double non parce qu'il a deux âmes, non
pas même parce qu'il a une âme et un corps, mais parce
qu'il a une âme sollicitée en des sens divers, une âme qui
a deux unions, l'une avec le corps, l'autre avec Dieu, l'une
avec la terre, l'autre avec le ciel. Voilà la dualité en faveur
de laquelle témoigne la conscience du genre humain.
Quant a une dualité métaphysique, c'est dans les écoles
qu'elle a pris naissance, c'est l'opinion de quelques méde-
cins et de quelques philosophes et non pas celle du genre
humain qui la repousse, au contraire, instinctivement en
vertu du sentiment énergique de l'unité de notre nature.
   M. Jouffroy lui-même, ne peut s'empêcher de reconnaître
combien est satisfaisante pour l'esprit cette hypothèse de
l'unité de la cause humaine. « Quoi, dit-il, de plus admis-
sible que l'hypothèse d'une cause s'enveloppant, par la vo-
lonté de Dieu, d'un corps destiné à devenir l'instrument de
son action et l'organe de ses facultés, et forcé tout a la fois,
par sa nature d'aller à sa fin propre et par sa condition
accidentelle a entretenir le corps qu'elle a créé. » Pourquoi
donc a cette hypothèse si séduisante en préférer une autre
qui l'est si peu ? C'est que, selon M. Jouffroy, elle rencontre
un obstacle insurmontable dans l'ignorance absolue de la
conscience a l'égard de la production des phénomènes de