page suivante »
PÉLOPONÈSE. (J7 loin d'avoir acquis tout son développement, elle ne saurait avoir fait de plus rapides progrès depuis le peu d'années qu'elle existe. Patras,Corynthe et Nauplie lui sont supérieures comme popula- tion et comme richesse, et doivent cet avantage à leur situation géographique ; mais l'intelligence et l'activité des habitants de Sparte ne tarderont pas à mettre cette ville au niveau de ses riva- les. Si des routes sûres etfaciles la reliaient aux contrées intérieu- res et qu'un grand chemin, aisé du reste à tracer, la joignit à la mer dont elle est voisine, on la verrait prendre un essor rapide etdevenir bientôt un des grands centres industriels de la Grèce. Son principal commerce consiste en des filatures de soie qui, sous une bonne direction, donneraient les plus beaux résultats ; la température et le terrain des pays sont favorables au plus haut degré à la culture du mûrier, et la soie qu'on obtient est d'une qualité supérieure. Il est curieux de voir cette ville, bâtie sur le sol nourricier des guerres, attendre tout son avenir du commerce et de l'industrie, que la tranquillité seule peut rendre prospères. Mais on ne s'é- tonne plus, si l'on réfléchit au passé, et l'on admire avec quelle persévérance le caractère d'un peuple se maintient le même à travers les âges. Deux principes, en effet, présidèrent à la for- mation de la nation grecque, le commerce et la guerre. Les Phé- niciens, conduits par Inachus, premier roi d'Argos, étaient un peuple de navigateurs et de marchands; ils parcouraient les mers, portant aux diverses parties du monde alors connu les produc- tions de l'Egypte et de l'Assyrie , et ce fut, sans aucun doute, un intérêt commercial qui leur inspira de fonder un établissement sur le golfe qui précède le cap Malée, célèbre par ses tempêtes. Les habitants primitifs du pays se groupèrent autour de la colo- nie phénicienne et se confondirent avec elle. Bientôt après, ils durent entreprendre la conquête des contrées voisines, conquête nécessitée par les besoins d'une population considérablement ac- crue, que ne pouvaient satisfaire les seules ressources d'un ter- rain peu fertile. Alors l'élément héroïque et guerrier se mani- festa et fit disparaître le premier ; le peuple Grec, tout en conser- vant son astuce native et restée proverbiale , devint un peuple