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L. BUTAVAND. , 405 • pour cette étude. Malheureusement ce temps n'était pas suffi- sant, cinq heures consécutives de travail étant exigées de tous les élèves pour suivre les cours de l'école publique. De concert avec M. le directeur Artaud, nous nous empres- sâmes de lever celte difficulté en le recevant dans notre atelier particulier, où des modèles de tout genre furent mis à sa dis- position, et où nous pûmes le diriger et l'aider ainsi pendant plusieurs années. Nous l'admirions souvent dans son ardeur, dévorant les conseils, s'oubliant lui-même, entraîné par l'amour du travail, et faisant des progrès (rès-remarquables, eu égard au peu de temps dont il lui était permis de disposer. Les choses se passèrent ainsi jusqu'à l'expiration de son engag'ement. II essaya alors de tirer parti d'un premier essai libre de son burin ; une sainte Vierge : N.-D.-dc-Fourvière, gravée par lui, fut acceptée par un marchand d'images. On retrouve quelquefois des exemplaires de celte estampe sur les quais de Lyon. Nous devons dire que le prix de cet ouvrage, à la vérité bien faiblement rendu, ne lui fut pas compté en espèces, mais seulement en papiers et en crayons. A partir de ce moment, Butavand se partagea entre l'étude et la recherche de travaux lucratifs qui lui étaient indispen- sables. Timide et sans expérience, il fut à son débul souvent exploité par ceux qui l'employèrent. Cependant ce talent grandissait, et il exécutait déjà une multitude de petits ou- vrages se rattachant à l'industrie, et des gravures plus sérieu- ses pour divers libraires-éditeurs de Lyon. Cependant, au milieu de ces travaux monotones et pénibles, des aspirations nouvelles se faisaient jour dans son âme. La louable ambition d'élendre ses connaissances l'entraînait vers Paris et les chefs-d'œuvre qu'il recèle. Pour se mettre en mesure de satisfaire â ce vif désir dont il était embrasé, il dût s'imposer de nouvelles privations. C'est alors qu'il résolut d'ajouter encore trois heures au temps qu'il consacrait à l'é-