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                    DES LANGUES ANCIENNES.                      503
 naissons, mieux nous voyons combien il fut étranger, dans la
 politique et dans les arts, aux aberrations dont les plagiats mo-
 dernes ont voulu le rendre complice ; car nous le trouvons
 toujours souverainement dominé par le bon sens, le goût, le
 sentiment de l'ordre et de l'harmonie.
     Comme ce génie a été le recours de l'esprit humain et de la
 civilisation moderne contre les dérèglements du passé, il peut
 être encore notre défense contre les folies monstrueuses qui
 menacent l'avenir.
     Nous donc qui rêvons pour notre pays une autre dignité que
 celle d'une ruche ou d'une fourmillière, nous qui voulons une
 société libre, morale, intelligente, grande par la pensée et par
 le cœur au moins autant que par la richesse, nous qui savons
 qu'une société n'-est rien de tout cela sans un développement
 littéraire, résistons à cette avant-garde des barbares qui veut dé-
 truire avec les études classiques les fondements de toute gran-
deur littéraire.
    Ayons le courage de ne pas rougir des Grecs et des Latins.
Sans doute, notre admiration n'est refusée à aucune grande poésie
moderne. Nous relirons avec enthousiasme Dante, Shakespeare,
Goethe, Biron, Chateaubriand, Lamartine. Nous tâcherons sur-
tout par un culte assidu d'obtenir notre initiation à ce mer-
veilleux langage que parlèrent Corneille, Molière et Raeine, Bos-
suet, Pascal et Fénelon. Et lorsqu'au milieu des nobles jouissances
que nous devons à leur génie il nous arrivera de nous sentir
fier pour notre pays de cette immense gloire littéraire du XVIIe
siècle, allons dans quelqu'un des sanctuaire où se conservent
les œuvres du ciseau grec, et saluons avec reconnaissance les
bustes d'Homère et de Platon, de Cieéron et de Virgile.

                                    VICTOR DE LAPRADE.