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BASSIN H0U1LLER DE LA LOIRE. 345 étrangères a augmenté dans une proportion plus forte que la production intérieure. On en découvre facilement la cause dans les frais de transport. Les exploitations du bassin de la Loire pourraient sans contredit augmenter leurs produits ; mais les débouchés sont bornés au rayon de consommation que sa situation comporte. Ils cessent aux points où les produits des autres bassins peuvent être livrés à meilleur prix. Voilà pour- quoi la consommation ayant diminué depuis 1848 dans ce rayon, l'extraction a dû diminuer également. L'abondance du combustible minéral et la modicité des prix ont, depuis 30 ans, déterminé un grand nombre d'industries à s'établir à la proximité des houillères. Tels sont les hauts four- neaux pour la fusion des minerais, les forges pour la conversion de la fonte en fer malléable, les ateliers de moulage, aciéries, fabriques de faux ou de limes, les verreries, fabriques de faience ou poterie, tuileries et briqueteries, fours à chaux ou à plâtre, fabrications de coke ou noir de fumée, les trefiieries, laminages, etc. Ces industries occupent un grand nombre d'ouvriers, donnent lieu à des transports immenses de matières et créent une foule de produits qui n'existeraient pas, sans l'emploi de la houille à bon marché. Il résulte, en effet, des documents statistiques, publiés par l'ad- ministration que la valeur du combustible, aux prix anciens, entre dans la valeur des produits créés par l'industrie, savoir : la fabrication de la fonte pour 70 centièmes et celle du gros fer pour 40 centièmes ; dans les produits de verreries, le combustible entre pour plus du cinquième. Les entrepreneurs de ces usines ou fabriques ont compté sur le ton marché du charbon. Le ren- chérissement de cette matière indispensable à leurs travaux entraînerait tôt ou tard leur ruine. Les hommes d'Etat et les économistes ont toujours été con- vaincus de la nécessité de maintenir à bas prix le combustible minéral qui est le principal agent des industries métallurgiques. C'était la pensée dominante des législateurs de 1810 comme de ceux de 1838. Pour remplir ce but, ils n'ont pas vu de meilleur