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DE LA SAONE. 285
Au milieu de l'anarchie et des déchirements de la révolution
de 1793, l'on ne s'occupa certes pas à compléter les travaux pu-
blics entrepris sous l'ancieu régime.
L'Empire travailla avec les plus nobles efforts à rétablir les
routes dégradées à défaut d'entretien, à en percer quelques nou-
velles, à terminer quelques canaux et à élever enfin quelques édi-
fices destinés, pour la plupart, à perpétuer la gloire de nos ar-
mées françaises.
La Restauration, après avoir lutté pour relever le pays épuisé
par l'étranger, entreprit les canaux de 1821 et 1822; elle perça
également quelques routes et encouragea vivement les entrepri-
ses naissantes des chemins de fer et des ponts suspendus.
Mais ni l'Empire ni la Restauration ne firent absolument rien
pour les rivières. Ce soin précieux était réservé, au gouverne-
ment de 1830 qui, dans le vaste système de travaux publics dont
il a doté la France, a imprimé un grand développement à notre
navigation de l'intérieur, comme en général à toutes les voies
de communication.
Dans un Rapport présenté à la Chambre des députés, le 23
avril 1835, au nom de la Commission chargée d'examiner le
projet de loi relatif aux rivières, le rapporteur, M. Jaubert,
signala énergiquement le besoin d'améliorer la navigation de
la Saône. Ce rapport forme le point de départ officiel des
travaux importants qui, depuis, ont été exécutés sur cette
rivière.
« La Saône, disait M. Jaubert, n'a, jusqu'à ce jour, reçu annuel-
lement du fonds commun qu'une somme de beaucoup infé-
rieure au produit de ses droits de navigation. Ainsi, dans
l'exercice de 1833, la Saône a produit 346,220 fr. (1), et n'a
reçu que 53,859 fr., c'est-à -dire à peine un sixième. On a peine
à s'expliquer une pareille rigueur à l'égard d'une rivière qui est
le lien nécessaire de notre système de navigation entre la
Méditerranée et le Rhin, alors que l'imperfection de son ré-
(1) Avant 1837, les produits du Doubs étaient confondus avec ceux de la
Saône dans les receltes du tmreau de Chalon.