Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                    EXPOSITION UNIVERSELLE.                     165
 ce germe d'association pacifique, universelle, ce noyau de l'a-
 postolat industriel, à qui Dieu ne dit pas seulement : Allez et en-
 seignez, mais allez et donnez le bien-être au monde.
    Les jurés de l'Exposition, ce sont les chefs de l'immense ar-
 mée des travailleurs du globe dont les nombreux exposants for-
 ment le cadre. Ce palais de cristal qui les couvre est en ce mo-
 ment, à l'égal du palais de Saint-Pierre, le centre du monde ; le
 clergé de celui-ci prêche l'amélioration du sort des pauvres, il
 faut que les lévites de l'autre la réalisent, pour que la religion
 et la politique aient enfin un même but sur la terre.
    L'Angleterre, si constamment préoccupée de trouver des dé-
bouchés aux produits de son infatigable industrie, si désireuse
de pénétrer les peuples de l'esprit de liberté commerciale dont
elle s'est fait le propagateur habile, l'Angleterre peut donner à
la Commission Royale le caractère d'une ihstituîion centrale uni-
verselle, à laquelle s'associeraient tous les membres étrangers
du jury, qui deviendraient ainsi les principaux agents des progrès
de l'industrie et du commerce du monde. Son intérêt la pousse
à transformer en institution permanente, sinon le fait transi-
toire de l'Exposition, au moins la société d'hommes réunis dans
ce but chez elle. Quel que soit le lieu où d'autres Expositions
universelles se réalisent à l'avenir, que ce soit la France, ou
l'Amérique, ou l'Allemagne qui convoquent des assemblées de
ce genre, il lui importe de profiter des puissants éléments de
cette première réunion ; il lui importe d'en former dès à présent
un faisceau, de les relier en un corps, en une association puis-
sante, conservant et propageant sans cesse l'esprit qui a pré-
sidé à cette première communion industrielle des peuples.
   Ah ! si la France ne s'était pas laissé enlever la gloire de
réaliser la première son idée d'Exposition Universelle, elle n'au-
rait certes pas manqué de tenter cette association fraternelle de
tous les puissants industriels du monde ; mais, il faut l'avouer,
cette tentative aurait pu avoir le sort de bien d'autres tentati-
ves que son cœur généreux, que son cosmopolitisme dont elle
est flère, lui inspirent, et qui avortent par l'absence de certai-
nes qualités dont nos voisins, au contraire, sont largemeut pour-