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126             FORVM    SEGVSIAVORVM.

ment ïomain, et qui ne fut changé qu'au VIIe siècle.
Moind s'appelait bien Modonium, mais on ignore quel
fut son premier nom; et, s'il faut dire toute ma pensée, je
trouve qu'il y a dans ce mot de Modonium quelque
chose qui sent le Sarrazin ; il ne serait pas impossible
que ce nom lui ait été imposé par ces Barbares, lors-
qu'ils l'eurent ruiné dans leurs dernières incursions.
Moind et Saint-Galmier, l'un pas plus que l'autre, n'ont
porté, dans les chartes, le nom d'Aquis Segete. Mais
on a trouvé à Saint-Galmier des restes de piscine, d'hy-
pocauste, etc. Je le sais parfaitement, puisque j'en ai
rendu compte lors de la découverte. Cela prouve qu'il
y avait un établissement de bain, comme il y en avait
à Sait, prèsdeFeurs, à Sail-les-Chateaumorant, près de
Roanne, tous lieux connus des Romains, et qui ne figu-
rent pas pour cela dans la carte de Peutinger. M. l'abbé
Greppo, dans ses Etudes sur les eaux thermales, dit,
à propos de Saint-Galmier : « Il faut le reconnaître, les
restes de thermes factices établis en ce lieu par les Ro-
mains, sont tout ce qu'on a trouvé de plus pauvre sur
la surface de notre Gaule. » Je partageai la pensée de
M. Greppo, et je ne pouvais supposer, en effet, tant de
pauvreté dans un établissement que sa position dans
l'Itinéraire fait supposer considérable : ajoutez à cela
que ce sont les seuls vestiges qu'on ait jamais rencontré,
à part quelques médailles de Claude le Gothique. Je
voyais, au contraire, dans le bourg de Moind, non, seu-
lement des traces nombreuses d'antiquités, mais tout ce
qui annonce une aglomération, où plutôt un concours
périodique : j'y trouvais un théâtre, indiquant qu'on ve-
nait chercher la guérison par le plaisir ; un temple où