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OU BIBLIOGRAPHIE DE LA VILLE, DE LYON. 39
Occupé depuis plus de vingt années de travaux divers sur l'his-
toire de Lyon, peut-être sens-je plus qu'un autre tout le prix de
la bibliothèque de M. Coste ; que cette prétention ne me soit pas
reprochée. Je n'assisterai pas sans une douleur profonde à la des-
truction d'une collection unique en son genre, en qui les hommes
d'étude plaçaient tant d'espérances ; mais n'y a-t-il donc aucun
moyen d'empêcher cette catastrophe, objet déjà de tant d'alar-
mes, et qui, si elle a lieu, causera un jour d'inutiles remords ?
L'Académie ne pourrait-elle intervenir et prêter à ces représenta-
tions une force que n'a pas mon insuffisante parole? Si la biblio-
thèque lyonnaise de M. Coste ne doit jamais appartenir à la ville,
ne pourrait-elle être constituée en majorât, comme l'a été une
célèbre collection étrangère d'EIzevirs ? Qu'on me pardonne des
paroles indiscrètes sans doute, mais qu'excusent peut-être l'fm-
minence du danger et ma profonde vénération pour M. Coste.
Entre l'intérêt de la ville et celui d'un de nos plus honorables
concitoyens, il doit y avoir une transaction possible : tout n'est
peut-être pas désespéré.
L'hommage que je viens de rendre à M. Coste et à ses livres
n'est point une digression étrangère à mon sujet ; il y aurait
beaucoup à dire encore, mais des classes importantes de la Bi-
bliographie lyonnaise n'ont pas encore été étudiées, je m'en oc-
cuperai dans un prochain et dernier article.
J.-B. MONFÀLCON.