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370 MONOGRAPHIE
verbal de la séance consulaire dans laquelle il fut question de
l'acquisition du monument par la ville, dit en termes exprès :
« On a trouvé deux grandes tables d'areyn ou cuivre antique et
toutes escriptes, lesquelles sont en vente. > Ainsi, dès lors, chacun
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des morceaux fut pris pour une table, et comme il y avait deux
fragments, on dit qu'il y avait deux tables de bronze. Quand la
ville fut devenue maîtresse du monument, on réunit et on souda
l'une à l'-autre les deux pièces de métal, de manière à en faire
pour toujours une plaque unique ; mais on continua à dire les
deux tables de Claude, habitude qui fut généralement suivie de-
puis le xvie siècle. Comme l'inscription, telle qu'elle existait,
était disposée sur deux colonnes, chacune de ces pages fut consi-
dérée comme une table et l'usage persista, sans grand incon-
vénient. 11 est infiniment probable que le monument complet,
tel qu'il sortit de la main des ouvriers, ne formait qu'une seule
plaque ou table sur laquelle le discours et le sénatus-consulte
avaient été gravés sur quatre colonnes, trois pour le discours
et une pour le décret du sénat. Nous n'avons pas le commence-
ment et sans doute aussi la fin du discours ; le sénatus-consulte
manque en entier : ainsi nous sommes privés de la tête des deux
colonnes qui sont parvenues jusqu'Ã nous, et des deux colonnes
qui suivaient; elles auraient toutes, sans doute une hauteur égale.
A l'exemple de mes prédécesseurs, j'ai dit dans l'Histoire de
Lyon « les deux tables de Claude » en faisant comme eux du mot
table un synonyme du mot page ou colonne : rien n'est moins
important. Artaud, dans son Lyon souterrain, se sert deux fois
de cette expression; la table de Claude; M. Michelet a parlé
aussi du monument dans le sens de l'unité. Au point de vue
littéraire, l'inscription complète, partagée comme elle a dû l'être
en trois pages, peut être considérée comme une table ; mais le
sénatus-consulte, fort distinct du discours, en était une autre.
Ceux-là , prenant la totalité de l'inscription comme un monu-
ment unique, disent la table de Claude ; ceux-ci, ayant égard
au nombre des colonnes ou pages qui subsistent, disent les ta-
bles claudiennes ; et les uns et les autres s'entendent parfaite-
ment sur le fond de la question.