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REVUE DES THÉÂTRES. 255
revu ces anciennes figures; le temps les a quelque peu mal-
traitées, mais elles nous représentent du moins de vieux amis que
l'on n'a pas oubliés, et que l'on revoit toujours avec plaisir.
C'est d'ordinaire un triste, un affligeant spectacle que celui
qui nous est donné par de toutes jeunes filles, par des enfants,
figurant en troupe sur un théâtre. La vue de ces pauvres petits
êtres, auxquels on impose des gestes, des allures, quelquefois
même des paroles, qui ne sont point de leur âge, renferme quel-
que chose d'attristant et de pénible. Il n'en saurait pourtant
être ainsi pour les petites danseuses viennoises qui ont, par
deux fois, en un an, attiré la foule à l'Académie nationale de
musique. C'est merveilleux et plein de grâce, et les yeux sont
charmés de voir s'agiter, bondir, se grouper cette troupe de
jeunes têtes portées sur de charmants petits corps, et tout cela
sans raideur, sans gêne , comme des enfants qui seraient lÃ
dans l'intérêt de leur propre plaisir, avec la vivacité dans le
regard, le visage rose et frais, de la bonne humeur et de la
santé. Ici point d'arrière pensée qui empoisonne votre plaisir,
point de tortures présumées qui affligent ; c'est animé, c'est gra-
cieux comme l'enfance en liberté, charmant et pur comme la
jeunesse.
J.-C. GAUBIN.