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152                  LOUIS-PHILIPPE D'ORLÉANS.

la presse (1). Ces rigueurs n'étaient que trop autorisées d'ail-
leurs par les complots politiques que faisait éclore cette tu-
multueuse époque. La conspiration des tours de Notre-Dame,
celle de la rue des Prouvaires, ouvertement dirigée contre la
famille royale, les troubles de Grenoble, réprimés avec une
violence sauvage, ne furent que le prélude d'agressions plus,
menaçantes.

   Cependant les mouvements de l'Italie s'étaient apaisés, et
les Autrichiens avaient évacué les Etals romains, lorsque la
survenance de nouveaux troubles , motivés par l'insuffi-
sance des concessions pontificales, détermina le Pape à récla-
mer de rechef l'assistance de ses alliés. Cet appel fui entendu,
et les Autrichiens rentrèrent à Bologne. Cette irruption inspi-
ra à M. Périer une résolution hardie. Pénétré de la nécessité
d'étouffer par quelques satisfactions légitimes les germes d'une
insurrection qui pouvait embraser l'Europe, il dirigea par mer
une expédition sur Ancône et fit occuper cette ville dans la
nuit du 22 février. Cet acte de vigueur, entrepris contre la
volonté ou du moins sans le consentement formel de Louis-
Philippe, mit la diplomatie en émoi. La cour de Rome se
plaignit amèrement, et le cabinet de Vienne demanda des
explications. M. Périer opposa à ces réclamations une inalté-
rable impassibilité, et soutint la dignité française avec une
constance à laquelle parut s'associer généreusement le mo-
narque dont il avait entraîné le concours. Mais le mérite de
cette entreprise, amoindri ou dénaturé par l'esprit de parti,
ne fut convenablement apprécié que lorsque, six ans plus lard,
le ministère Mole condescendit à évacuer Ancône malgré les


   (1) Au commencement de l'année 1854, la somme des condamnations
prononcées en matière de presse s'élevait à 65 ans 9 mois d'emprisonnements,
et à 051,509 fr. d'amendes.