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52 DISCOURS I)Ë M. A. BONNET.
A côté de ces deux moyens spéciaux d'observation, vous
trouvez une méthode non moins spéciale de décomposer les
problèmes en leurs éléments. Celle analyse est celle qui
est basée sur les fonctions propres à chaque organe,
et sur les tissus élémentaires qui entrent dans sa com-
position .
Enfin, lorsqu'il s'agit de s'élever à la signification et aux
lois des faits recueillis par ces diverses méthodes, l'observa-
teur compare la structure de l'animal ou de la plante qu'il
a sous les yeux avec celle de l'homme. Les êtres, ainsi rappro-
chés individuellement de ce type commun peuvent être com-
parés entr'eux, il est facile de suivre leurs analogies et leurs
différences comme on le fait pour des longueurs diverses et
inconnues, dont on apprécie sans peine les rapports, lorsqu'on
les a approchés successivement d'une longueur déterminée,
du mètre, par exemple.
Or, que l'on examine chacune des parties de celte mé-
thode spéciale, et l'on verra qu'il n'est pas une seule d'entre
elles qui n'ait été fournie par la science de l'homme, l'emploi
du microscope excepté, qui a passé de l'anatomie végétale Ã
l'anatomie humaine.
Il serait aisé de poursuivre le môme ordre de démonstra-
tion en ce qui regarde la physiologie comparée. Qu'il me
suffise de dire que les principes de la méthode générale étant
universellement admis, c'est à bien établir ceux de la mé-
thode propre à chaque ordre d'idées que doivent s'appliquer
aujourd'hui ceux qui, traitant de la philosophie scientifique,
veulent donner de la précision à cette partie de nos connaissan-
ces, et la faire sortir du vague qu'il importe tant de ne point
confondre avec les idées générales.
Déjà Sthal et l'école de Montpellier à sa suite, sont en-
trés dans celte voie féconde. Ils ont montré avec une grande
justesse que transporler à la science de l'homme, et en gé-
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