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                    NOTRE-DAME DE BOURG.                        317
 ment ouvertes et richement fenestrées. Les trois baies apsidaires
ouvertes présentent un immense développement : elles occupent
presque tout l'espace entre l'aire du temple et sa voûte. Elles sont
traversées horizontalement par une corniche très-ornée , à feuilles
de chardon , qui les partage en deux régions. Le fenestrage est
d'une grande somptuosité, surtout à la zone inférieure , mais il a le
tort de n'y être pas à sa place , étant disposé de manière à figurer
une croisée renversée, ce qui est d'un goût aussi équivoque qu'une
église fermée par deux apsides, à sa façade et à son chevet. Les
nervures delà voûte, partant d'une clef pendante extrêmement
hardie, s'épanouissent avec grâce et viennent se confondre avec
celles de la zone supérieure des fenêtres apsidales. Ces baies sont
décorées de verrières peintes précieuses du XVe siècle , représen-
tant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. La décora-
tion , meuble de l'apside majeure de Notre-Dame de Bourg, est en
harmonie avec son architecture. Son pourtour est orné d'un double
rang de stalles dont les dossiers sculptés offrent dix-sept person-
nages de chaque côté. Les accoudoirs, les placets, les revers des
placets sont de naïves et curieuses épreuves de la caricature na-
tionale qui s'essaya dans les temples par la sculpture. Au centre de
cette région, l'observateur remarquera un crucifix en ivoire , l'un
des plus beaux que je connaisse. Somme toute , le chœur de Notre-
Dame est un des plus précieux monuments de l'architecture et de
la décoration de ce XV8 siècle, qui fut toujours ou très pauvre ou
très riche.
   Le système des contre-nefs, fermées par des apsides carrées , est
répété de la nef majeure. Sept chapelles se rangent sous le collaté-
ral méridional : six seulement s'ouvrent sous la nef mineure du
nord , la septième étant absorbée par le vestibule de la sacristie.
Probablement érigées par des confréries de femmes , les chapelles
du flanc septentrional , sont plus larges que celles du côté opposé.
Dans la première, à gauche en entrant, vis-à-vis le baptistère , on
remarque une charmante niche-crédence du XVe siècle ; dans la
troisième, sur un vitrail peint, exécuté grossièrement, maisnon pas
d'une façon ignoble, comme l'a dit l'incroyable M. Mérimée, est re-
présenté le martyre de Saint Crépin et de son compagnon. Cette