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                       SORTIE DES LYONNAIS.                      295

   encore quelques visites domicilières et toujours nocturnes,
   les gendarmes de Feurs et de Roanne faisaient des rondes,
  et jamais sans quelques arrestations. Il devait y avoir, après
  la levée de la récolte, des visites générales chez tous les aristo-
  crates et particulièrement, dans les villages restés fidèles à
  leur religion. Trente mille hommes devaient y être employés
  et se cantonner chez les plus riches habitants. La consterna-
  tion était générale ; ceux de mes amis qui connaissaient mon
  séjour, me sollicitaient vivement de prendre des moyens pour
  sortir du royaume, je le désirais autant qu'eux, mais il me
  fallait un passe-port et un guide: j'obtins un passe-port
 de la municipalité de Lyon, moyennant huit cents livres.
     J'eus, à cette époque, la visite d'une jeune et aimable femme
 des environs, qui me fit une peinture désespérante de la si-
 tuation du département: je fus affecté bien vivement. Elle
 me dit que si j'étais découvert et arrêté, non-seulement le
 village qui m'avait donné asile, mais tous mes amis seraient
 perdus. Je convins avec elle que je partirais dès le moment
 que j'aurais un guide : cette démarche m'exposait évidemment,
 et c'était pour moi un véritable sacrifice que d'abandonner
 mes chères cachettes et surtout mes respectables hôtes chez
 qui je pouvais espérer de demeurer longtemps encore ignoré
et tranquille, surtout d'après les précautions que j'avais prises.
Le 26 juillet, je reçus l'avis qu'on m'avait trouvé un guide à
Lyon et que je n'avais qu'à me rendre à Tore, chez un vi-
gneron qu'on m'indiqua, où je trouverais mon homme. Je
me décidai à partir la nuit du 27 ; je fis de tendres adieux à
tous mes bons amis de Sainte-A.. Ces braves gens me virent
partir en pleurant, ils me manifestèrent les plus vives inquié-
tudes sur mon sort et sur les dangers que je courais. Leur
tendre intérêt fit sur moi la plus vive impression. « Restez
encore avec nous, me disaient-ils, nous ne cesserons de veiller
à votre sûreté, les dangers ne nous effrayent point, nous sau-