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                      ET DE L'ENSEIGNEMENT.                            241

obstiné à faire des cours de mathématiques et d'astronomie,
et si M. Arago eût entrepris de revivifier la poésie ? ce n'est
pas faire injure à M. de Lamartine de lui dire de laisser les
sciences pour élever la poésie à toute sa hauteur, ni h. M. Arago
de lui dire de laisser la poésie pour faire avancer )a science.
Eh bien ! puisque, par la nalure même de son principe et de
son organisation, l'Université est incapable d'éducation, elle
devrait renoncer à une œuvre, pour elle pénible et infructu-
euse, et se restreindre à avoir des élèves externes (1).
   Dès qu'elle rentrerait dans la voie qui lui convient, elle
verrait bientôt tomber la haine qui s'est accumulée contre
elle, ses élèves augmenteraient avec rapidité; il se formerait
bientôt autour de chaque université des maisons d'éducation
où des ministres de chaque culte formeraient le cœur des
enfants qui leur seraient confiés à la morale qui répond à ce
culte, et les conduiraient aux cours de l'Université puiser la
science comme à sa source.
    Ce ne sont point là des théories en l'air, les faits ont déjà
confirmé ce que je dis. Tout le monde sait que le Collège
Charlemagne, uniquement composé d'externes, est celui de
tous, qui produit les plus beaux résultats, et fait le plus
d'honneur à l'Université sous tous les rapports.
   Qu'on comprenne bien le sens de mes paroles et qu'on ne
m'accuse pas d'être exclusif et d'ôter la liberté. Après tout,
l'État et l'Université sont parfaitement libres de faire comme
ils voudront. L'Université peut continuer à avoir des pensionnai-
res et à les élever à sa manière; mais je lui prédis que, tant
qu'elle le fera, elle sera malheureuse, et je lui conseille dans son
intérêt d'y renoncer. L'Université, qui a pour principe l'in-
différence religieuse, est illogique eu entreprenant l'éducation,
et injuste en s'arrogeant le droit de concession pour les i n s -
tituteurs; il est impossible que l'Église cesse de protester
contre cette éducation désastreuse, e l d u désaccord de l'Église


  (i) Depuis que j'ai écrit ceci, M. de Cormenin a soutenu la même opinion.
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