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,194 SOUTIE DES LYONNAIS. valerie et les chasseurs ; je formai l'infanterie et je la mis en bataille, adossée à un bois. Cependant l'ennemi avançait, lirait du canon, et ses tirailleurs approchaient. J'aperçus en môme temps des colonnes d'infanterie et de cavalerie sur la rive gauche de la Saône. Je vis, dès ce moment, l'impossibilité de passer celte rivière et de résister aux forces qui allaient nous attaquer. Je renonçai donc au projet de gagner la Suisse, et je me décidai sur le champ à me jeter dans des lieux difficiles, et à me retirer dans les montagnes du Beau- jolais et du Forez, où nous aurions eu la possibilité de nous maintenir longtemps, ou de nous diviser individuellement, avec l'espoir de trouver des retraites sûres. Je fis mes dispo- sitions en conséquence. La hauteur où je me trouvais au moment d'être attaqué , est située entre les villages de Coulanges et de Poleymieux. Un terrain coupé, difficile, planté de bois, me séparait de ce dernier village, et deux routes y conduisaient. L'une très- mauvaise, très-rapide, propre seulement pour des piétons ; je m'y jetai sans hésiter avec tout mon corps du centre, uni- quement composé d'infanterie, et j'envoyai ordre à ma ca- valerie et aux chasseurs de me suivre par l'autre route ; elle était à voie de char, mais il fallait faire un grand détour pour la prendre. Je marchai dans le meilleur ordre, mais je m'aperçus que quelques individus , espérant se sauver plus aisément en s'isolant, m'avaient déjà quitté dans le bois. Pendant ma marche, arrivé au village, j'y fis une halle pour attendre ma cavalerie. J'avais de vives inquiétudes sur sa marche ; elles n'étaient que trop justes. Attaquée en cherchant à gagner le chemin de Poleymieux , elle fut battue , dispersée et obligée de se débander. Je jugeai l'événement par son relard, el j'en eus la Iriste certitude en sortant de Poleymieux. Je vis plusieurs malheureux des miens poursuivis ; je leur fis inuti-