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L'AGE NOCVEA0. 103
XV
0 poète, ô pasteur des humaines pensées,
Qui leur montres du doigt les haltes avancées,
Qui, suivant de l'amour le flambeau toujours sûr,
Sais, loin du sable aride et du marais impur,
A ta flûte entraînant les jeunes rêveries,
Les attirer aux fleurs des divines prairies ;
Toi, dont le pas enseigne au troupeau rallié
Du céleste bercail le chemin oublié ;
Toi, dont la voix s'élève entre les voix charnelles,
Chaste et docile écho des lyres éternelles ;
Toi, qui portes dans l'or de ton cœur filial
Un rayon toujours chaud du soleil idéal ;
Gardien du feu pur, non, tu n'as pas à craindre
Qu'un souffle épais des sens ne vienne à nous l'éteindre ;
Tu le sais mieux que nous, un dieu nous tend la main,
Chaque siècle vers lui pousse le genre humain.
Donc, malgré cette nuit qui l'obscurcit encore,
De l'âge industrieux salue aussi l'aurore ;
Dis-nous l'Àntée impur par Hercule étouffé,
Chante le Dieu du jour dont l'arc a triomphé,
Vois Python expirant dans sa fange se tordre,
Et des siècles meilleurs naître le nouvel ordre.
Du haut du mont sacré, dominant nos combats,
Montre-nous cette terre où tu n'entreras pas,
Fais-nous voir, embrassant l'un et l'autre hémisphère,
Du champ donné par Dieu ce que l'homme a su faire.
C'était peu de dompter les taureaux écumants,
11 a mis sous le joug même les éléments ;
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