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457 monument, et fort vraisemblablement lui servit de piédestal (1). Ces indications m'empêcheraient d'admettre l'opinion du docteur Labus, qui présume que ces marchands débitaient eux-mêmes leurs vins en détail dans les cabanes que mentionnent deux de nos ins- criptions ; j'y verrais plutôt des entrepôts, comme il en existe de nos jours, où cette marchandise aurait été vendue en gros. La sup- position de mon savant ami ravalerait nos négociants à la con- dition de cabaretiers. Or, il est peu vraisemblable que les honneurs, municipaux et autres, qu'on leur voit décernés, eussent été obtenus par des hommes aussi peu considérés que le furent dans tous les temps ceux qui exerçaient cette profession. Pour les mêmes motifs, l'expression DIFFVSori OLEARIO, que fait lire l'épitaphe de Re- gulianus, ne me paraît point susceptible de l'interprétation que lui donne Forcellini, lorqu'il dit : ut opinor, quijoleum in cados dif- fundit, servandi causa (travasatore). Elle fait de ce personnage un simple manœuvre, ce qui ne convient ni à sa qualité de négociant ni à ses dignités. Il me paraît plus rationnel de reconnaître ici l'union du commerce des huiles avec celui des vins, bien que ce ne soit pas une explication pleinement satisfaisante de ce terme, que l'on ne trouve point ailleurs. Ainsi, nous pouvons encore le conclure, le commerce des vins était considérable etflorissantdans notre ville, du temps de nos an- cêtres romains ; et l'on comprendra qu'il devait en être ainsi, si l'on se rappelle que Strabon fait de Lugdunum le vaste marché de toutes les Gaules (2), et si l'on fait attention aux avantages de sa situation, aux moyens de communication dont la nature et l'art l'a- vaient favorisée, mais surtout aux vignobles féconds et renommés dont étaient plantés et son propre territoire et ceux d'autres pro- vinces gauloises. Je pense que quelques détails sur ce point de statis- tique agricole, à l'époque romaine, ne manqueront ici ni d'à -propos, ni d'intérêt. On a dit bien souvent, et l'on répète tous les jours que l'ompe- (1) Je ne parle pas i'Apromus qui n'est pas désigné comme marchand de vins. (2) ner. geogr., IV, 192.