page suivante »
312
menottes tenaient bien. La paille percé le mur, s'est introduite
•vieille et humide de son bon lit dans ma chambre aux jambons,
était retournée.... Je lui souhaite s'est emparée d'un jambon et de
du bonheur pour sa fête de de- trois saucissons, et elle est par-
main. Je ferme, je mets les ver- tie !
roux, Je me couche. Il y a une LE BOURGMESTRE.
heure, ma femme me pousse le C'est une sorcière... il faut la
côté de son coude pointu, et brûler !... Je fais un rapport à la
me dit : « Ecoute donc comme Chambre L'intendant des fo-
les chats font du tapage, là - rêts fournira du bois seigneurial
haut. » — « Quoi ? les chats ! » pour lebûcher.
répondis-je en réfléchissant ,
« On leur a défendu, il y a long KLAUS.
temps, de se montrer à l'Hôtel- Si nous pouvions seulement
de-ville, depuis que, par la plus d'abord la reprendre !
haute inconvenance, une chatte LE BOURGMESTRE.
choisit un jour le fauteuil de
Monsieur le bourgmestre, pour Maudite catastrophe ! Depuis
faire ses couches. » neuf ans je me suis donné tant
de peine ; les actes s'élèvent à la
LE BOURGMESTRE. hauteur d'un étage (pathéti-
Continuez seulement. quement). Enfin c'est demain
que brille le grand jour où je
KLAUS. dois récolter les fruits de mes
Je prête l'oreille... j'écoute... travaux.... Déjà tout Krœhwin-
je soupçonne... je m'étonne... kel attend cette heure solennelle.
Cela a bien pu durer une demi Déjà la potence se dresse pour
heure... l'honneur et la gloire de l'illus-
LE BOURGMESTRE. tre conseil... Et mes orgueil-
leuses espérances sont détruites
C'est beaucoup trop long temps. comme les bulles de savon des
KLAUS. gamins.
Enfin je recueille mes esprits, KLAUS.
je me lève, j'allume ma lanterne, Ma réputation ! mes bénéfices !
je monte sans bruit, je tire les mon jambon !
verroux, j'avance la tète Je
LE BOURGMESTRE.
restai frappé de la foudre! Le
nid était vide.... l'oiseau s'était Ne peut-on trouver aucune
envolé ! trace de quelque main criminelle
LE BOURGMESTRE.
qui aurait favorisé sa fuite?
KLAUS.
Avec l'aide de Satan ?
Celle du Diable et non d'une
KLAUS. ame chrétienne! Cette femme
Comment sans cela? Elle s'est avait fait, comme cantinière, la
débarrassée des menottes, elle a dernière guerre de Lorraine (1).
(1) Un proverbe dit: Hh'ckant comme un Lorrain.