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QUATRIEME ACTE.
SCENE PREMIÈRE. me sourit et une causerie entête-
à -tête n'est pas encore venue a-
Une rue devant la maison du doucir cette triste position. Elle
bourgmestre. En face de celle-ci, la voulait venir ici quand tout serait
maison à plusieurs étages de son frè-
re, le vice-président. Dans les man- en repos dans la maison : tiendra-
sardes, la chambre de Sperling. De- t-elle sa parole ?
vant cette maison, est un poteau
avec une lanterne qui n'est pas al-
lumée. Il est nuit, et ou voit encore SCENE I I .
de la lumière dans les deux maisons.
SABINE OLMERS.
OLMERS Seul. SABINE qui s'esquive de la mai-
(Il sort de la maison). son, le frappe sur l'épaule.
Grâces à Dieu, on va se cou- Oui, sceptique, elle tient sa pa-
cher de bonne heure dans les pe- role.
tites villes! Je n'ai cependant OLMERS.
pas été maître d'une minute dans Enfin! chère Sabine! enfin,
toute la journée. Ça parle, ça nous sommes seuls. Et je puis
fait des compliments, ça bavarde vous redire une fois tout ce que
sans cesse ; cela veut tout sa- mon cœur
voir, et cela sait toujours mieux
SABINE.
que les autres. Ils ne laissent
pas un instant seul leur cher hô- Quoi donc ? Tout ce que vous
te. A chaque pas, à chaque mou- avez à me dire, je le sais depuis
vement ils se glissent après lui. long-temps....
Il faut manger sans faim, boire OLMERS.
sans soif, rester assis sans fati-
gue. Voir les merveilles, enten- Mais il faut que je dérobe les
dre les cancans de leur petite instants
ville, et tout louer, tout admirer. SABINE.
Je souffrirais tout cela de bon C'est ainsi que vous êtes tous.
cœur pour posséder celle que Les amants ne trouvent jamais
j'aime ! Mais nulle espérance ne assez de temps pour redire mille
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