page suivante »
86
dormir. Qu'il y prenne garde, il n'y a qu'un pas du comique
au ridicule.
Mlle DABRY. —. La touche du portrait de Mme M., est un peu
fatiguée et dénoie un peu d'inexpérience, mais la couleur est
assez vraie et la ressemblance assez exacte, pour donner Ã
Mlie Dabry en sûreté de conscience, l'encouragement qu'elle
mérite.
DUBUISSON. — Cet artiste, le seul peut-être de tous les pein-
tres contemporains qui ait poussé aussi loin l'élude analomi-
que des animaux, se repose celte année de ses succès p r é -
cédents. Il s'est contenté de donner à ses admirateurs quel-
ques paysages qu'on apprécierait davantage, s'ils étaient
l'accessoire seulement de ces bonnes éludes de bœufs et de
chevaux auxquelles M. Dubuisson nous a accoutumés. Que M.
Dubuisson se rappelle que le public garde rancune à l'artiste
qui lui refuse volontairement le dernier mol de son talent.
DTJCLAUX. — Ce peintre est hors du vrai. Son coloris est
gris et t e r n e ; son pinceau est souvent spirituel, ruais jamais
énergique ; son faire est mesquin, éteint sous le blaireau, et
s'il produit quelquefois de l'effet, ce n'est que par l'éparpil-
lemenl de la lumière qu'il altache à toutes les parties sail-
lantes, sans que rien la molive. Son tableau de l'Hyppodrorae
est plus gris, plus outré que jamais. Les figures et les chevaux
sont d'une raideur qui fait songer à des cavaliers de plomb.
La touche est pelile, sèche, et la couleur locale plombée.
Jamais d'effets francs et décidés, ce sont toujours de peliles
ombres, de peliles lumières et de petits refiels. Prenez garde,
M. Duclaux, la manière n'est pas de l'esprit, l'affeclation n'est
pas de la grâce, et le faux air ne remplace pas la vérité.
DUMAS. — Il est du petit nombre de nos artiste qui se livrent
consciencieusement à la peinture sérieuse. Son Jacob chez
Laban est d'une belle couleur pour un ingriste; son ciel est fin,
ses figures bien posées, mais son dessin est un peu froid. Nous
préférons l'Ange de la terre, dont toutes les parlies sont sévère-
ment étudiées.