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Certainement la puissance, l'intelligence, et la direction
suprême que l'élude du monde extérieur retrouve en vous,
é mon Dieu, sont de magnifiques attributs; et cette contem-
plation qui remplit l'ame de l'idée de votre grandeur, soulève
toute notre admiration. Mais l'admiration ne peut tenir lieu
d'amour; or l'amour ne peut exister sans l'attendrissement,
et l'attendrissement sans la sympathie. C'est parce que vous
êtes selon mon cœur, c'est parce que vous êtes l'idéal de toutes
ses affections, qu'à votre pensée je suis saisi d'un attendrisse-
ment inexprimable. Aussi, je n'aime pointées noms d'intel-
ligence-infinie , d'Etre-suprême , de Cause-première ; ces
dénominations excitent plus mon imagination qu'elles n'inté-
ressent mon cœur. Un seul vous a nommé d'un nom qui ravi
toute mon ame ; c'est celui qui le premier vous a donné un
nom tiré de la famille, celui qui le premier vous a appelé :
Mon Pèrel II est vrai que Celui-là vous connaissait....
Le Dieu du physicien me semble aussi insensible et
aussi fatal que la matière, dans laquelle on l'a étudié. Le
Dieu du métaphyisicien me semble une abstraction réalisée,
une entité, comme les idées dans lesquelles on l'étudié.
Quel intérêt, quelle sympathie peut inspirer en moi un être
qui a pour tout attribut, l'immensité, l'ubiquité, l'immuta-
bilité, l'invisibilité, l'incompréhensibilité, etc. ? Que voulez-
vous que je fasse, moi petit et délaissé, devant cette puissance
inconnue qui n'appartient pas aux mêmes régions d'amour ?
L'absolu a-t-il une oreille pour moi ? En face d'un tel Dieu,
l'enthousiasme et l'attendrissement s'éteignent ; ce Dieu me
dépasse, il n'est plus de ma nature, je ne vois plus son rapport
avec moi, je ne vois plus comment il peut aimer, et je ne sais
plus moi-même comment l'aimer. Ah ! ce n'est point là le
Dieu de la famille !
Oui, pour aimer, il me faut le Dieu de mon cœur ; il me
faut celui auquel s'adressent naturellement toutes mes af-
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