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pas une fin aussi tragique, de manière à la faire mourir incon-
fes intestat et de la main de ses vassaux.
Son nom devint odieux et passa tel à la postérité, parce que
le peuple ne revient jamais des impressions fâcheuses qu'on
lui laisse, et qu'il garde, pour le mal le plus léger, une ran-
cune qui passe même sur le bien qu'on lui fait plus tard.
Mais, au dire des narrateurs les mieux renseignés., tout le
crime de la châtelaine, son unique méfait, fut d'avoir eu l'en-
vie que nous avons racontée et la faiblesse de n'avoir pu ré-
sister à l'œuvre de Satan qui lui en avait soufflé au cœur la
manifestation. Tentation dont, comme on va le voir, elle s'é-
tait tout aussitôt défaite.
Ainsi les potences et les gibets qui, depuis le départ du
comte, avaient couvert les grands chemins, ne s'étaient pas
dressés par ses ordres, et le vieux fauconnier retenait à son
insu le pauvre enfant. Or, qui ne sait que les meilleurs
princes ont eu des serviteurs pour perdre leur mémoire.
Dès que la noble dame eût repris ses sens, elle eut honte
d'elle-même et prit à se maudire. Elle se vit damnée et les
flammes de l'enfer lui étaient toujours présentes.
Tant d'émotions coup sur coup firent, dit-on, que l'héritier
du cadet des comtes de Forez, successeur aussi des seigneurs
de Sainl-Priest, ne vint pas à terme. La dame de Jarez n'eut
plus ensuite d'autre envie que celle de faire pénitence, que
celle enfin de se réconcilier d'abord avec Dieu et ensuile avec
ses vassaux. Avec ses vassaux, elle ne le put jamais, tant
elle leur faisait horreur. L'enfant cependant avait été rendu
sain et sauf à sa mère ; mais on ne put ôter aux habitants du
fief la malheureuse idée que la châtelaine ne vécut plus que de
chair humaine, quoiqu'on eut rendu publics quelques-uns
de ses repas. On repoussait ses aumônes ; les sources du châ-
teau passaient pour être empoisonnées et les approvision-
nements se faisaient hors la seigneurie, si bien on la crai-
gnait.
Quant à sa réconciliation avec Dieu, elle s'opéra par des