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Où l'on reçut le jour, où le cœur nous ramène,
Où tout semblait si vaste à nos regards d'enfant ;
C'est l'éclat, c'est l'honneur d'un passé triomphant.
Qu'on rappelle en rêvant un avenir prospère ;
C'est l'orgueil inspiré par les récits d'un père
Qui grandit la cité, dont tous les habitants
Ont une part de gloire aux exploits du vieux temps!
C'est ainsi, cher Léon, qu'avec idolâtrie,
Tu vantes les hauts faits de ta ville chérie !
Jaloux de ce Paris dont le luxe d'emprunt
Offre tous les talents et n'en fait naître aucun,
Pour rendre aux Lyonnais un nom que rien n'efface,
Pour forcer leur génie à produire sur place,
Tu fais un noble appel aux auteurs du pays;
Hélas ! combien de fois tes vœux furent trahis 1
Ta Revue a pourtant conquis bien des suffrages,
Et doit compter un jour parmi les bons ouvrages ;
Avec beaucoup d'esprit on réussit partout ;
Un peu suffit encor pour en donner le goût.
Mais le climat, dit-on, à tes désirs contraire,
Porte mal aisément une œuvre littéraire ;
Le Lyonnais se livre à d'autres passe-temps...
Pures inventions d'écrivains mécontents !
L'amour propre froissé ne voit pas bien les choses,
Et le bon sens résiste à ses métamorphoses ;
Il remet tout en place et ne fait pas métier
De travestir ainsi le pays tout entier 1
D'ailleurs, tout cède au feu d'une pensée active ;
Pour elle il n'est jamais de nature rétive,
De terrain infécond.... Pourquoi tout rembrunir ?
Le génie en tout lieu est lent à parvenir.