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DU B0GEY. 109
notamment à sa façade, autour de son ouverture principale,
une pierre de cinq mètres de longueur en deux fragments,
laquelle présente, en beaux caractères de cent soixante milli-
mètres, l'inscription suivanle:
RVSTICIAE LVCIUAE L. CASSIVS GRATIANVS.
Aurélien fit à son monastère des dons considérables ; in-
dépendamment du territoire de Sessieu, avec les nombreux
esclaves qui le cultivaient, il lui donna plusieurs domaines
situés en diverses provinces, et mentionnés dans le titre de
fondation. Approuvée dans un synode de dix prélats, cette
fondation obtint toute la faveur du roi Charles, qui concéda
aux Religieux le droit d'élire leur abbé, une juridiction propre
et indépendante, des privilèges pour le négoce de leurs vas-
saux.
Fortunée dans son principe, cette abbaye eut une fin
malheureuse. Détruite, probablement par les Sarrasins, elle
fut convertie en un simple prieuré près duquel s'est formé le
beau village connu sous le nom de Saint-Benoît-de-Ses-
sieu.
Le jeune roi de Provence mourut à Lyon où il résidait ; il
fut inhumé dans l'église abbatiale de Saint-Pierre. Ses deux
frères, Lolhaire et Louis, roi d'Italie, suivant les habitudes
princières de cette époque, se précipitent sur cette succes-
sion, et, après se l'être disputée, ils en font le partage par
l'intervention des évoques et des seigneurs. Les auteurs sont
dissidents sur les bases de ce partage, et il est assez difficile
de discerner si le Bugey passa sous l'autorité d'un seul ou
s'il fut divisé comme précédemment. Il est constant que Lo-
thaire eut le comté de Lyon, et, suivant dom Plancher, qui
discute ce partage avec sa solide érudition, le diocèse de Bel-
ley fit partie du lot dévolu à son frère.
Lolhaire étant décédé en l'an 869, sans enfants légitimes,