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                            DE SAINT IRÉNÉE.                              153
  phytes qui regardaient en a r r i è r e , suivant le langage de
 l'Evangile, après avoir mis la main à la charrue. Les enne-
 mis du dehors, c'étaient les édils et les glaives des procon-
 suls, les déclamations des rhéteurs et des sophistes. Contre
 les accusations et les préjugés, on eut les apologies du pape
 Soter, de saint Justin, conquis à une meilleure philosophie
 et défendant le christianisme sous le manteau d'autrefois ;
 Miltiades, Apollonius ; Méliton, évêque de Sardes; Gaïus ou
 Caïus et saint Hippolyte, qui figurèrent dans les rangs de ces
défenseurs éloquents, dont la chaîne se continua par Terlul-
 lien, Arnobe, Malernus Firmicus, Minucius* Félix, Laclance,
 Gélase, etc. Le musée du Vatican possède, parmi ses trésors
 religieux, un curieux débris de ces temps-là et un vivant
 témoignage de la science d'un de nos apologistes chrétiens.
 C'est un siège en marbre, dans lequel saint Hippolyte, dis-
ciple d'Irénée, est assis avec le costume antique ; on lit au-
 tour du siège un Cycle Paschal écrit en grec et rédigé par
Hippolyte, à qui rien de la science d'alors n'était étranger.
Le vénérable monument dont nous parlons fut retrouvé en
1551, près de l'église de Saint-Laurent, sur la route de Ti-
voli ; il a fourni à M. l'abbé Greppo le sujet d'une excellente
dissertation (1), et M. l'abbé Prat y renvoie. J'observerai, en
passant, que l'imprimeur de l'Histoire de saint Irénée a fâ-
cheusement lu Rivoli pour Tivoli, et que cette méprise a
échappé à Yerrata de l'historien.
   En arrivant dans nos régions, le prêtre Irénée y appor-
tait une grande érudition et profane et religieuse. Il con-
naissait le génie grec et savait de quoi il était capable. Quand
donc l'Eglise fut troublée par les visions de Monlan et l'illu-
minisme des Gnosliques, il fut prêt et éminemment apte à
poursuivre jusque dans leurs derniers recoins les fastueux
prédicants de la gnôsis ou connaissance supérieure. Le Gnos-
Ucisme, sorti des sanctuaires philosophiques de l'Orient, avait

  (1) Elle se trouve dans le tome VIIIe de nos OEuvres choisies de saint Jérôme.