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                    DE LA PHRÉNOLOGIE.                     75

   Ce savant, â l'esprit myope, avait voulu se rendre compte
de certains phénomènes inexpliqués, soit les aptitudes, les
passions dominantes ; pour les loger convenablement dans
le cerveau, il a usurpé le palais de famé, et le leur a
distribué en chamb:es, et le digne homme ne s'est point
aperçu qu'il chassait l'hôte céleste de sa demeure, et que,
pour nommer des phénomènes (il n'a fait que cela), il a
outragé le dogme de l'unité de l'intelligence, ou du moi:
dogme plus fort que toutes les philosophies, dit M. Flourens;
il aurait pu dire aussi plus fort que toutes les physiologies
et surtout la physiologie de Gall.
   Que si du domaine philosophique on passe dans le do-
maine moral de la phrénologie, on apprend à avoir hor-
reur de son système comme jusqu'ici on a appris à le nier.
Une déplorable harmonie existe dans ses diverses conclusions.
Cet accord logique entre toutes les parties d'une doctrine
qui a le point de départ faux n'est autre chose que l'in-
volontaire, mais nécessaire hommage que l'erreur rend à
la vérité.
   La raison était pour lui « le résultat de l'action simul-
tanée de toutes les facultés intellectuelles. » La volonté sera
donc « le résultat de l'action simultanée des facultés intel-
lectuelles supérieures. »
   A côté de ce mot étrange de résultat, M. Flourens place
le mot force; la raison et la volonté sont des forces ; c'est
d'elles que partent les impulsions, les actions; elles ne les
subissent pas. Forces ! résultats ! ces deux mots résument
les deux systèmes au point de vue moral : qu'on choisisse
entre les deux, l'option prouvera le cas que l'on fait de la
liberté, ce mode essentiel de la vitalité de famé, ce pre-
mier et indestructible attribut de l'être intelligent.
   Mais que parlons-nous de la liberté ? Ce mot a-l-il une
signification dans la pensée de Gall, et ne le conserve-t-il