page suivante »
POESIE.
Car la terre gémit, car Dieu même est chagrin
D'une note étouffée.
Et d'une voix qui manque à l'hymne souverain
Dont l'homme est coryphée.
Assis au bord du lac, Ã l'ombre, sur la mousse,
La soirée est si belle et la vie est si douce,
Cette forêt de pins murmure un chant si pur,
Cetîe prairie exhale une odeur si calmante,
En tons si délicats de celte onde dormante
Les roses du couchant ont nuancé l'azur ;
D'un air si transparent la montagne est baignée;
Mon ame de ta paix est si bien imprégnée,
Que je ne songe plus, Nature, Ã t'admirer;
C'est un désir plus doux qu'avec l'air je respire;
Je cherche autour de moi des yeux à qui sourire,
Ma main cherche des mains que je voudrais serrer.
Que ne puis-je, ô Nature! à tesautels en flammes,
Convier avec moi toutes les saintes âmes,
Avec elles goûter cette extase à genoux !
Seul ainsi, s'enivrer de la beauté d'un monde,
C'est un bonheur impie où l'amertume abonde,
Et tout cet infini laisse du vide en nous.