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BET..AXMNE. 411 Quelque lemps auparavant , Delandine avait établi lui- même une Société Littéraire qui tenait ses assemblées dans sa bibliothèque à lui, et servit de modèle à la société fondée en 1783, par Riboud, à Bourg en Dresse (1). L'année 1784 vit paraître l'Enfer des peuples anciens, ou Histoire des dieux infernaux, de leur culte, de leurs temples, de leurs noms, de leurs attributs (Paris, deux parties in-12). On vanta ce livre, qui était loin de mériter les éloges qu'on lui a donnés même plus tard. Delandine y montre seulement une érudition de seconde main, et c'est à peine si son ouvrage peut tenir lieu d'un dictionnaire de mylhologie. L'auteur avait la prétention de rappeler, à côté de l'histoire des dieux, les principaux ouvrages de slaluaire ou de peinture dont ils ont été l'objet ; mais ce n'est pas un des chapitres qui lui occa- sionnent le moins de mésaventures. Ainsi, Luca Giordano, qui peignit au plafond d'une salle du palais Riccardi, à Flo- rence, différents traits de la fable de Pluton, se trouve chez Delandine, avec le nom de Lucas Jordans (2), et l'on ne dit pas en quelle ville est le palais Riccardi, ni quelle peut être la valeur, ni quels sont les détails de la fresque de Gior- dano. Ailleurs, la villa Adriana, que l'empereur Hadrien dis- posa au pied de Tivoli, l'amœnum Tibur d'Horace, s'élève lout-à -coup à la dignité de ville, et l'auteur parle ensuite de rochers affreux, d'une vallée profonde et ténébreuse (3), qui n'ont exisLé et n'existent que dans son imagination. Mais en- core, en pardonnant à Delandine ses différentes erreurs, sera- t-on bien avancé de savoir que tel statuaire a sculpté, que tel peintre a représenté un Jupiter ou un Apollon, s'il est impos- sible d'avoir sous les yeux une esquisse du travail de l'artiste ?' La philosophie banale, les réflexions parasites de l'écrivain ne valent guère mieux que son style et sa science. (t) Breghot du Lut, Mélanges biogr. et litt. (-2) Pag. 89 du la l1'» partie. (5) Pag. M'i de la 2'- partie.