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simultané de l'ambition de l'Angleterre et de la France qui
ont également besoin de réaliser cette ambition pour assurer
leur avenir.
On a vu quels avantages l'Angleterre obtiendrait de la pos-
session de cette voie nouvelle, qui lui éviterait le long et dan-
gereux détour par de là le Cap de Bonne Espérance pour ses
voyages aux Indes-Orientales. Il serait inutile de revenir sur
ce point dont la vérité n'a pas besoin d'être démontrée; mais
il est nécessaire peut-être, pour faciliter l'exacle appréciation
des faits, de préciser combien les intérêts de la France sont
gravement engagés dans cette subdivision importante delÃ
question d'Orient.
11 fut un temps , et il y a cent ans à peine , nous possédions
dans l'Inde une influence révérée, de riches établissements et
un commerce considérable et prospère. Une complication de
circonstances funestes commença la ruine de nos établisse-
ments et de notre influence , les intrigues et les violences bri-
tanniques achevèrent l'œuvre; et enfin les comptoirs français,
réduits au nombre le plus minime et au rôle le plus secondai-
re , laissèrent le champ libre à leurs heureux rivaux. Depuis
ce moment fatal, l'Angleterre règne sur l'Inde en maîtresse
presque absolue.
Ce n'est pas ici le lieu de rechercher quelles justes espéran-
ces la France pourrait concevoir de participer un jour à celte
domination précieuse sur les contrées indiennes , ou du
moins , ce qui serait plus rationnel et plus conforme aux prin-
cipes de la politique française régénérée^ d'établir un commer-
ce réciproquement avantageux avec ces provinces affranchies
du joug britannique. Il faut seulement examiner quel coup
fatal éprouverait la France , si l'Angleterre ajoutait au mo-
nopole des Indes le monopole des chemins nouveaux condui-
sant à ces contrées.
Il est évident que l'ambition anglaise ne se contenterait pas
de posséder seulement, dans la Syrie et dans l'Egypte, les li-
gnes utiles pour l'établissement des deux routes qui lui sont