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tout le monde peut vérifier; car, malheureusement, les exemples ne
manquent pas, ils se présentent à chaque pas, à chaque instant.
INFLUENCE DU TABAC SUR L'ESTOMAC ET LA DIGESTION, ET DE LA
SALIVATION "PROVOQUÉE.
La digestion, cette fonction importante qui est, pour ainsi dire,
3a base de toutes les autres, présente presque toujours quelque»
altérations chez les personnes qui prisent ou fument habituellement
et surtout avec excès. Je ne parle pas de la mastication du tabac;
cette habitude devient tous les jours plus rare et ne se rencontre
guère que dans les bagnes, les prisons ou les dernières classes de la
société. Au reste, son action est le maximum de celles dont je vais
parler.
Le tabac fumé se décompose par la combustion. La vapeur
qui se dégage, richement chargée de principes énergiques,
rendus encore plus actifs par une haute température, se divise
en deux colonnes : l'une extérieure , qui est pour les sens du
fumeur et pour ceux qui l'entourent ; l'autre qui, après avoir
rempli la bouche et l'avoir impressionné dans toute son étendue,
pénètre dans les poumons et se mêle avec l'air respiré. Je ne consi-
dère maintenant cette influence que relativement à la digestion et
aux fonctions qui s'y rapportent.
Les glandes salivaires sont excitées : la salive est sécrétée
en grande abondance , et cette sécrétion entraîne deux graves
inconvénients. La quantité de salive fournie par les organes destinés
à cette fonction est considérable et contre nature ; et cependant, par
un aveuglement inconcevable, la plupart des fumeurs regardent
cette salivation comme très salutaire; il est facile de prouver le con-
traire; d'abord l'expulsion de la salive n'est pas plus naturelle que la
provocation de sa sécrétion. La nature a créé cette fonction pour
favoriser la digestion, imprégner les aliments, lubrifier la bouche et
le commencement dos voies digcstives. Les enfants ne crachent pas,
et si on les forçait pas, si on ne le leur apprenait pas, peut-être
cette sputation n'aurait pas lieu ou serait presque nulle. On a vo-